CHATTERTON

 

01 à perte de vue (5'07)

02 que n'ai-je (3'55)

03 ma petite entreprise (4'11)

04 elvire (4'19)

05 un âne plane (3'56)

06 après d'âpres hostilités (4'24)

07 j'avais un pense-bête ( 3'26)

08 j'passe pour une caravane (3'42)

09 danse d'ici (4'05)

10 à Ostende ( 4'02)

11 l'apiculteur (4'37)

12 j'ai longtemps contemplé (3'56)

 

 

A perte de vue (1994)HAUT

Texte : Alain Bashung – Jean Fauque Musique : Alain Bashung

 

A perte de vue

Des lacs gelés

Qu’un jour j’ai juré d’enjamber

 

A perte de vue

Des défilés

Des filles à lever

Des défis à relever

Des prix décernés à tes yeux

 

A perte de vue

Dodelinent des grues

Les pieds dans la boue

Qui eût cru

Qu’un jour nos amours

Déborderaient

Fassent oublier aux ajusteurs

La clef

 

Plus de boulons

Pour réparer la brute épaisse

Ma pute à cœur ouvert

Trop de cuirassés

Pas assez d’écrevisses

Pour une fricassée

 

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A perte de vue

Du déjà vu

Du déjà vécu

Se précipitent

A mes trousses

 

Qu’en dit le héron

Il en sait long

Qu’en dit l’éolienne

Elle me fait hello

Voies d’eau dans la coque du Poséidon

 

Hamacs éperonnés

Est-ce un espadon

L’œuf d’un esturgeon

Ou un concours de circonstances

Qu’aurait engendré ce paysage désolé

De n’être pas resté

 

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A perte de vue

Des lacs gelés

Qu’un jour j’ai juré d’enjamber

 

A perte de vue

Des défilés

Des filles à lever

Des défis à relever

Des prix décernés à tes yeux

Des prix décernés à tes yeux

 

 

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Que n'ai-je (1994)HAUT

Texte : Alain Bashung - Jean Fauque Musique : Alain Bashung

 

Que n'ai-je appris la luge

Que n'ai-je appris à skier

Sans me soucier du déluge

De la texture des glaciers

Que n'ai-je glissé

Que n'ai-je fondu

Sur ton balconnet

 

Que n'ai-je été torride

Que n'ai-je tombé la veste

Lâché du lest

Pris de l'altitude

Avant de piquer

Déchaîner les esprits

Parmi les êtres et les cèdres

Faire la tournée des grands ducs

La nuit de l'Epiphanie

Et puis les autres nuits

Tendre l'arquebuse

Jusqu'à me rompre

 

Que n'ai-je pris l'Everest

Pour une aspérité

Sommé l'amour et le reste

De s'entrelacer à jamais

Que n'ai-je visé

Que n'ai-je été stupide

Au point de succomber

 

En Ecosse des gosses écossent

Des chimères en chair et en os

D'accortes soubrettes les escortent

 

En Ecosse des gosses précoces

Chopent des crampes à faire l'amour à tue-tête

A bâtons rompus

 

Que n'ai-je appris la luge

Que n'ai-je appris à skier

Sans me soucier du déluge

De la texture des glaciers

Que n'ai-je glissé

Que n'ai-je fondu

Sur ton balconnet

 

En Ecosse des gosses écossent

Des chimères en chair et en os

D'accortes soubrettes les escortent

 

En Ecosse des gosses précoces

Chopent des crampes à faire l'amour à tue-tête

A bâtons rompus

 

Que n'ai-je appris la luge

Que n'ai-je appris à skier

 

Ma petite entreprise (1994)HAUT

Texte : Alain Bashung - Jean Fauque Musique : Alain Bashung

 

Ma petite entreprise

Connaît pas la crise

Epanouie elle exhibe

Des trésors satinés

Dorés à souhait

 

J'ordonne une expertise

Mais la vérité m'épuise

Inlassablement se dévoile

 

Et mes doigts de palper

Palper là cet épiderme

Qui fait que je me dresse

Qui fait que je bosse

Le lundi

Le mardi

Le mercredi

Le jeudi

Le vendredi

De l'aube à l'aube

Une partie de la matinée

Et les vacances

Abstinence

 

Ma petite entreprise

Ma locomotive

Avance au mépris des sémaphores

Me tire du néant

 

Qu'importe

L'amour importe

Qu'importe

L'amour s'exporte

Qu'importe

Le porte à porte

En Crimée

Au sud de la Birmanie

Les lobbies en Libye

Au Laos

L'Asie coule à mes oreilles

 

Ma petite entreprise

Connaît pas la crise

S'expose au firmament

Suggère la reprise

Embauche

Débauche

Inlassablement se dévoile

 

Et mes doigts de palper

Palper là cet épiderme

Qui fait que je souque

Qui fait que je toque

A chaque palier

Escalier C

Bâtiment B

A l'orée de ses lèvres

 

Qu'importe

L'amour importe

Qu'importe

L'amour s'exporte

Je perds le nord

Au cap Horn

Quand je vois se poindre

Les pyramides

Nez à nez

Mes lubies

L'Asie coule à mes oreilles

 

Ma petite entreprise

Connaît pas la crise

Epanouie elle exhibe

Des trésors satinés

Dorés à souhait

 

Le lundi

Le mardi

Le mercredi

Le jeudi

Le vendredi

De l'aube à l'aube

(ad lib)

 

Elvire (1994)HAUT

Texte : A.Bashung – J.Fauque Musique : A.Bashung

 

              Elvire

Comment lui en vouloir

L’illusion est parfaite

Ses ions ses touchantes attentions

Me criblent

De rêveries véritables

Je fais comme si

C’était pas périlleux

Mais ça me rend chiffon

De la savoir

Hors d’atteinte

Hors de moi

Elvire

Comment lui en vouloir

 

Un autre que moi se serait flingué

Moi pas

Je sors sans elle

Je fais la joie des enjoliveurs

En exil j’excelle                    

Aux barres parallèles

 

Mais saura-t-elle

Ce que j’éprouve

A séjourner au sein d’un logiciel

Oui saura-t-elle

Ce que j’éprouve

 

Elvire

Tes danses inaltérables

Au matin m’atteindront

Frappé par la ressemblance

Attends-moi

Me manque pas

Tu me manques déjà

Elvire

Nos aubaines

Traquent l’anguille au gymnase

On s’éparpille aux quatre coins

Simuler

Dissimuler

Simuler

 

Mais saura-t-elle

Ce que j’éprouve

A séjourner au sein d’un logiciel

Oui saura-t-elle

Ce que j’éprouve

 

Elvire

Comment lui en vouloir

 

Elvire

Je me tue à t’aimer

Mon archet virtuel

N’a d’égal qu’une crécelle

Dotée de la même virtuosité

Elvire se régale

Comment lui en vouloir

D’être la copie conforme

Et l’original

 

Mais saura-t-elle

Ce que j’éprouve

A séjourner au sein d’un logiciel

Oui saura-t-elle

Ce que j’éprouve

 

Elvire

Comment lui en vouloir

Comment lui en vouloir…

 

Un Âne plane (1994)HAUT

 Texte : A.Bashung - J.Fauque Musique : A.Bashung

 

               Un âne plane

Autour des tours de Notre Dame

Un âne clame son existence

Avant qu’elle ne se fane

 

Jette du riz

Sur le parvis

Blanchit les gargouilles

Jette un sort

A nos chères anatomies

 

Un âne se pavane

Au bras d’une courtisane

Aux fourmis médusées

Distille des pensées se réclame

De l’homme qu’a vu l’âne

 

Jette du riz

Sur le parvis

Anoblit nos brouilles

Jette un rubis à nos faces désincarnées

 

Que m’enseignent encore ces néons

Rien qui me fasse réfléchir

Au-delà des halos

On se noie dans des murmures

On se pend au bout du fil

Et du reste on n’en a cure

 

Un âne plane

Tourne autour du nid

Décidément indécis

Il se condamne à des soupers

De lui émanent des airs célestes

Mais quand vient le sorbet

Un âne te réclame

 

Jette du riz sur le parvis

Blanchit les gargouilles

Jette au panier

La corbeille et l’osier

 

Jette du riz (x5)

 

Que m’enseignent encore ces néons

Rien qui me fasse réfléchir

Au-delà des halos

On se noie dans des murmures

On se pend au bout du fil

Et du reste on n’en a cure

 

Jette du riz

Jette du riz (ad lib)

 

Après d’âpres hostilités (1994)HAUT

Texte : Alain Bashung – Jean Fauque Musique : Alain Bashung

 

Après d’âpres hostilités

Tu me prenais ma main et tu m’emmenais

Sur le mont Valérien me faire voir

Les galaxies

Me faire écouter

Les comètes

Tu me disais

Préconisais

Des caresses volubiles

C’était quand je voulais

Où je voulais

Je n’étais plus la risée

 

Après d’âpres hostilités

Tu m’arrivais comme un torrent

Dans l’estuaire

Tu me disais

C’est des ragots

Du fiel

Le venin d’un ver de terre

J’irai en découdre avec ce tissu de mensonges

Abattons la cloison

Arrachons les plinthes

La citadelle

Au créneau

A l’assaut de l’euphorie

C’est pas le fruit d’une mûre réflexion

Mais plutôt une pulsion

Sans nom sans définition

Mon unique solution

Pure laine coton

C’est pas le fruit

C’est pas la saison

C’est pas la raison

 

 

 

Après d’âpres hostilités

Tu me prenais la main et ça tournait

Tu me disais

C’est la faute au cerveau

Ces faux départs

Drapés dignes

Reprenons les grandes manœuvres

La tenue léopard

Je ne suis là que pour toi

Je ne suis là que pour toi

J’ai fait un songe

Une hypothèse

Un projet de baise

 

C’est pas le fruit d’une mûre réflexion

Mais plutôt une pulsion

Sans nom sans définition

Mon unique solution

Pure laine coton

C’est pas le fruit

C’est pas la saison

C’est pas la raison

 

(bis)

 

J’avais un pense-bête (1994)HAUT

Texte : A.Bashung – J.Fauque Musique : A.Bashung

 


Je sais plus où tu m’as rangé

Où tu m’as mis

Où tu me situes

Le lit où j’étais censé rêvasser

Je n’y suis plus

De la cave au grenier

J’ai tout retourné

Inspecté des hectares

De vie antérieure

Mon panda

La commode en ébène

 

J’avais un pense-bête

J’avais un pense-bête

 

Mais la jalousie maladive a filtré

J’ai remonté les persiennes

Remonté la filière

J’avais disparu

 

Je sais plus où tu m’as rangé

Où tu m’as mis

Où tu me situes

Je sais plus où tu m’as rangé

Où tu m’as mis

Où tu me situes

 

M’aurais-tu cédé

Contre un CD

M’aurais-tu prêté

D’obscurs desseins

M’aurais-tu concassé

Puis vendu à un prix exorbitant

De galerie en galerie

Je me suis guetté

J’ai poireauté pour rien

Et le monde s’en fiche

Que le jour décline

 

J’avais un pense-bête

Une rose de Picardie

J’avais un pense-bête

 

Je sais plus où tu m’as rangé

Où tu m’as mis

Où tu me situes

Je sais plus où tu m’as rangé

Où tu m’as mis

Où tu me situes

 

J’avais un pense-bête

J’avais un pense-bête

 

J’passe pour une caravane (1994)HAUT

Texte : Alain Bashung – Jean Fauque Musique : Alain Bashung

 

J’passe pour une caravane

Pour un chien qui n’en démord pas

Le labyrinthe

Conduit l’homme mobile

A des étreintes

Loin du réconfort

 

J’passe de sas en sas

Et mes visites s’espacent

Des ombres s’échinent

A me chercher des noises

Le plus clair de mon temps

Dans ma chambre noire

De l’étuve au blizzard

Des coups de latte

Un baiser

Des coups de latte

Un baiser

 

J’passe sous silence mes avatars

J’passe sur tes frasques

M’obnubiler pourquoi

Pour un vasistas

Loin du réconfort

 

J’passe de sas en sas

Et mes visites s’espacent

Mes élans me courent et m’entraînent

Vers d’autres riveraines

Vers la grande inconnue

Loin du réconfort

 

Refrain (excepté tes visites s’espacent)

 

 

Danse d’ici (1994)HAUT

Texte : A.Bashung – J.Fauque Musique : A.Bashung