T comme ...
Tendresse - Tom Jones - Trajectoire - Travail
La tendresse ? Oui, mais pas trop. Je m'en méfie. C'est un peu au-dessous de la passion.
Quand j'ai débuté à vingt ans, il n'y avait en France que deux ou trois grands directeurs artistiques par le moule desquels il fallait obligatoirement passer ! C'est comme cela que je me suis retrouvé deux ans plus tard en chanteur de variétés, affublé d'un noeud papillon. Les maisons de disques recherchaient un Tom Jones français. Pour l'une d'entre elles, c'est tombé sur moi. Heureusement que ça n'a pas marché !(1994)
Ma route a été ponctuée d'énormes tubes, et en d'autres temps, de disques un peu
moins accessibles. Il n'y avait rien de délibéré là-dedans, mais quand je relis cette
trajectoire, ça m'arrange.
A partir du moment où ma démonstration me semble cohérente, je n'ai plus envie de la
refaire. Lorsque je suis sorti du cycle de l'album novice, j'ai senti le besoin d'une
situation plus limpide, ce qui m'a conduit à Osez Joséphine. A part dans madame rêve,
je ne misais plus sur la dissonance... L'ensemble de l'album pouvait s'apparenter à du
country blues.
On peut analyser cela comme un geste pour plaire au public. Pour moi c'est une démarche
qui consiste à me défatiguer, pour ne pas me baigner toujours dans la même eau. J'ai
besoin d'une excitation différente à chaque album. Faire de la new-wave à vie, ça ne
m'intéresse pas. De la country non plus. Et si je ne suis pas persuadé d'avoir une
chance de magie quelque part, je m'abstiens.
Quand j'entends à outrance une musique ( même quelque chose que j'aime ), je vais dans l'autre sens. Comme pour repousser quelque chose qui risque de m'emprisonner. C'est même pas de la provocation, mais plutôt une demande de liberté. Concevoir la musique comme une entreprise individuelle nous aide à repousser le moment où quelqu'un va décider qu'on pense tous de la même façon.(1995)
J'essaye de m'occuper de tout, de A à Z. Je suis un maniaque. Je travaille simplement avec un magnéto 4 pistes, une guitare et un synthé. Ceci suffit pour installer le décor. Si j'habille trop bien la chanson, je ne sais plus si elle est bonne. Elle doit tenir le coup avec très peu de choses. Un travail minimal. Après, je tourne autour.(1984)